L’ordre infirmier contre attaque !


L’Ordre National Infirmier a été créé sous un gouvernement de droite en décembre 2006 et n’avait déjà pas reçu une franche reconnaissance de la part des infirmiers. En effet, les élections départementales pour élire les élu(e)s ordinaux en 2008 ont recueilli l’expression de moins de 15 % d’infirmier(e)s. Bien que deux Ministres de la santé successifs aient déclaré à l’Assemblée Nationale vouloir rendre facultatif l’Ordre Infirmier, cela n’a fait qu’accentuer la confusion au sein des Directions Ministérielles et Hospitalières.

Depuis 2006, l’intersyndicale FO, CFTC, CGT, Sud, UNSA Santé et Sociaux, SNICS-FSU mène la bataille contre l’Ordre infirmier.

Le rejet de l’ordre par les professionnel(le)s n’est plus à démontrer puisque, de l’aveu de l’ONI, seulement 200 000/615 000 infirmier-ère-s ont adhéré depuis à l’Ordre infirmier, souvent sous la contrainte.

Cet ordre a été majoritairement renié par ses pairs puisqu’il n’intervient jamais pour défendre les professionnels. Il ne  représente qu’une chambre disciplinaire redondante.

L’ONI n’a pas daigné lever un cil en 2010 lorsque les infirmier(e)s de la Fonction Publique Hospitalière ont perdu la reconnaissance de la pénibilité de leur métier et la catégorie active (permet le départ anticipé à la retraite).

Pourtant L’ordre Infirmier tente bassement de légitimer son existence, profitant de la confusion autour de son prérequis pour les professionnels, pour allez chercher à obtenir des listes de mails d’agents en vue de les contraindre à adhérer à l’Ordre.

Nous le répétons, l’adhésion n’est nullement obligatoire pour pouvoir exercer ! L’ordre Infirmier n’a jamais pris de position concernant les restructurations, le manque d’effectifs, la pénibilité liée à nos amplitudes horaires et notre charge de travail croissante. Il ne nous a jamais soutenu dans les différentes actions syndicales notamment lors des 2 dernières manifestations de novembre 2016 et mars 2017 suite aux vagues de suicides de nos collègues en France.

Aujourd’hui, le Conseil d’État demande au gouvernement d’obliger, par voie réglementaire, les établissements de la Fédération Hospitalière de France à transmettre à l’Ordre infirmier le listing de leur personnel en vue d’une inscription automatique.

Cette démarche n’a pas d’autre but que d’obliger les agents récalcitrants à adhérer à l’ordre et ainsi les obliger à payer pour pouvoir exercer !

L’intersyndicale maintient sa demande de retrait des articles de loi et des dispositions prévues dans :

  • l’article 114 de la Loi Santé qui confirme le rôle des ordres concernant le DPC
  • l’article 160 de la Loi Santé concernant le dispositif contraignant les professionnels à communiquer une adresse e-mail aux ordres professionnels
  • l’article 212 de la Loi Santé qui habilite le gouvernement par ordonnance à renforcer les prérogatives des ordres professionnels
  • l’article 63 de la Loi Hôpital, patients, Santé et Territoires qui a la volonté d’organiser l’inscription automatique des personnels salariés aux différents ordres professionnels et condamne les conséquences de la Loi Santé sur l’emploi et l’offre de soins (22 000 suppressions de postes et 16 000 suppressions de lits).

En outre, l’intersyndicale a proposé des solutions cohérentes pour assumer les missions de l’Ordre, en les attribuant au Haut Conseil des Professions paramédicales (HCPP) et aux ARS, sans être entendue.

Madame la Ministre, il n’est plus le temps d’un moratoire : la seule solution, c’est une loi abrogeant l’Ordre infirmier comme vous l’écriviez jadis, lorsque vous étiez en campagne électorale !

Comme à son habitude Force Ouvrière ne lâche rien !