Manifestation des urgences devant l’ARS de Strasbourg


Ce jeudi 20 juin, les personnels médicaux et paramédicaux des urgences se sont retrouvés devant les urgences du CHU de Strasbourg pour une marche en direction de l’Agence Régionale de Santé.

Ce mouvement initié par Force Ouvrière et le collectif inter-urgence, suivi par la CGT, CFTC et Sud a rassemblé une centaine de manifestants, des médecins, des aides soignant(e)s, infirmier(e)s, agents d’accueil mais également quelques gilets jaunes venus apporter leur soutien pour une cause citoyenne, car la situation  dans les SAU est aussi le reflet d’une Fonction Publique Hospitalière prise à la gorge par les réformes gouvernementales libérales et asphyxiée par le manque de moyens humains et matériels.

 

 

Une prise de conscience des ARS en France est nécessaire pour faire remonter tous les dysfonctionnements que rencontrent les SAU, les ARS restent le bras armé du ministère de la santé  et c’est pourquoi ce mouvement national a été organisé de façon à ce que toutes les ARS reçoivent ce même jour des délégations de chaque SAU en grève.

 

 

 

 

 

A Strasbourg, arrivée devant l’ARS, une délégation composée de personnels soignants et des membres des différentes organisations syndicales dont Christian Prud’homme, Secrétaire Générale FO HUS, a été reçue par Madame la  Directrice générale déléguée de l’ARS Grand Est.

Dans un instant solennel et symbolique, avant d’aller à la rencontre de la Directrice, les soignants ont brûlé une copie de leur diplôme, sacrifié sur l’autel de l’hôpital-entreprise. Pour tous ces jours, où ils, elles ont la sensation de mettre en jeux leur diplôme face à leur épuisement, la charge de travail, leurs responsabilités et la peur de commettre une faute.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Christian Prud’homme dénonce en préambule, le fait que certains  puissent clamer sur la place publique qu’il y a suffisamment de lits au CHU de Strasbourg et que de telles paroles sont inacceptables et inadmissibles quand on voit dans quel état de souffrance sont les personnels des urgences.

Est-il acceptable d’avoir des couloirs saturés de brancards ? Que des patients attendent plus de 24h d’être hospitalisés ? Que des patients meurent dans ces couloirs ? Et après, d’oser dire que le problème des urgences est juste un problème organisationnel ?

Christian a aussi rappelé ce pourquoi nous étions présents, l’évolution au cours de ces 3 dernières années aux HUS, de la dégradation des conditions de travail et de prise en charge des patients.

Il a confirmé le maintien de nos revendications. La création de lits d’aval et la reconnaissance du travail effectué par une revalorisation salariale sont les seuls moyens d’apaiser la situation.

 

 

 

Les personnels des urgences ont pris la parole et partagé, photos à l’appui, leurs expériences de terrain, raconté leur histoire, la réalité qu’ils vivent chaque jour ; cet état d’épuisement, l’insatisfaction et l’ écœurement de ne pas pouvoir faire correctement leur travail, d’être dans une maltraitance institutionnelle forcée qui remet sans cesse leurs valeurs de soignants.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ils, elles ont pu expliquer pourquoi les actions proposées par Madame la Ministre de la Santé et des Solidarités, Agnès Buzyn, sont complètement insuffisantes, et que ce n’est pas une prime pour acheter le silence qui pourra calmer la colère des agents.

L’ARS n’a pris aucune position quant aux déclarations du gouvernement, ni aucune proposition d’actions régionales.

Nous avons alerté la Directrice sur une situation, qui à l’entrée de l’été, peut devenir explosive si rien n’est fait urgemment! L’embrasement pourrait devenir général et s’étendre à l’ensemble des services des HUS.

La Directrice Générale a entendu les sollicitations et affirme d’ores et déjà que faire un travail de fond est effectivement nécessaire.

L’ARS nous assure qu’elle va faire remonter nos revendications au Ministère.

Nous, nous serons là ! Nous ne lâchons rien !

Rendez-vous le 2 juillet pour défendre nos urgences, nos services de soins !