Manif du mardi 30 juin: « Blues » blanches et colère noire


Rendez-vous était donné ce mardi 30 juin sur le parvis de la clinique Rhéna  pour  une marche symbolique vers le CHU de Strasbourg. Le Privé rejoint ainsi l’Hôpital Public dans son combat pour plus de reconnaissance de nos métiers.

Environ 300 agents devant la clinique Rhéna, un cortège d’au moins 200 manifestants, applaudis par les usagers, les automobilistes, les ambulances, a battu le pavé en traversant notre Hôpital pour une prise de parole devant les urgences du NHC.

Les agents de Rhéna se sont donc retrouvés devant leur établissement car, comme leurs collègues du public, ils et elles n’en peuvent plus des conditions de travail, du turn-over, des fermetures de lits avec la suppression de postes qui va avec, du toujours faire plus avec moins !

La plupart sont des soignants, certains sont d’anciens ou d’anciennes collègues cherchant dans le privé une bouffée d’oxygène, une motivation de rester dans leur corps de métier mais pourtant les conditions sont rarement différentes de celles vécues dans la FPH.

Alors, on comprend que lorsque le Gouvernement laisse à la main de leur Direction, l’attribution de la prime COVID, beaucoup de personnels n’en verront pas la couleur…

Le « blues » des soignants se fera-t-il sans fausses notes à l’issue du Ségur de la Santé qui se termine à la fin de cette semaine ? Pas si sûr car on connaît la musique ! Une prime pour tous les diviser, une prime pour tous les gouverner !

Mais nous valons mieux que ça, ils ne réussiront pas à semer la zizanie entre les professionnels du public et du privé et c’est en cela que nous devons notre salut.

Le 16 juin, plus de 7000 personnels de santé étaient au rendez-vous à Strasbourg et dans beaucoup d’autres grandes villes de l’hexagone. Il n’y avait pas de distinctions, de discriminations de corps, de secteurs.

Le Gouvernement ne doit pas se leurrer, nous ne nous contenterons pas de petites mesurettes, ce n’est pas cette prime qui taira notre colère noire. Vous méritez plus, les patients méritent plus !

Ce n’est pas tant bien la revalorisation salariale des personnels de santé, indispensable à ces métiers exigeants, de moins en moins attractifs, qui réglera le problème de notre système de santé malade mais surtout une revue complète de l’organisation de l’offre de soins sur l’ensemble du territoire et ce ne sont pas des réformes que l’on veut mais des moyens humains et matériels, l’arrêt des fermetures des  établissements, des services,  de lits, l’amélioration de nos conditions de travail pour une meilleure qualité de prise en charge. Nous voulons plus d’embauches, une stagiairisation immédiate des contractuels, le recours aux CDI dans le secteur privé et l’arrêt de la précarisation de nos professions.

Le Ségur de la Santé se termine et avec lui commence « peut être » la promesse

d’un système de santé recentré autour de l’humain.