Déclaration liminaire FO-HUS


Chers Collègues,

Ce jour, mardi 26 janvier se tenait le 1er CTE de l’année 2021. L’ensemble de vos représentants Force Ouvrière des Hus a lu une déclaration liminaire en début de séance que nous vous faisons suivre en pièce jointe, suite à cette lecture les représentants FO-HUS ont quitté la séance.

Il nous paraissait important en ce mois de janvier et au vu du contexte sanitaire passé, actuel et à venir, de remettre les difficultés, les conditions de travail et la reconnaissance des Professionnels du CHU au centre des préoccupations de notre établissement.

Il nous paraissait plus que légitime de réaffirmer l’importance de l’investissement de tous les Professionnels de notre établissement sanitaire et permettre ainsi à celui-ci de pouvoir faire face et tenir dans cette crise qui n’est malheureusement pas derrière nous.

FO-HUS est à vos côtés, nous restons disponibles pour tous compléments d’informations.

Cela nous permet de vous souhaiter à tous, nos vœux pour cette nouvelle année en espérant un éclaircissement face à toutes ces difficultés.

Christian Prud’homme

Secrétaire Général FO-HUS

Comité Technique d’Etablissement

26 janvier 2021

Déclaration liminaire Force Ouvrière

Monsieur Le Président,

Mesdames et Messieurs Membres du comité technique d’Établissement des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg,

Aujourd’hui 1er CTE de cette nouvelle année, la tradition aurait voulu que FO-HUS souhaite ses vœux en séance à l’ensemble des membres du CTE et à vous, Monsieur le Président.

Seulement, le syndicat FO des HUS a pris la décision en son bureau, de ne pas siéger aujourd’hui malgré toute l’importance de cette instance représentative qu’elle occupe à nos yeux, c’est bien au regard de cette importance que nous voulons vous faire mesurer notre position aujourd’hui.

L’ensemble des représentants et délégués FO-HUS est en colère et de par cette posture souhaite marquer ce début d’année 2021.

Dans un contexte sanitaire sans précèdent et ô combien d’actualités avec une recrudescence des contaminations en notre sein et avec une augmentation des patients admis pour une prise en charge due à l’infection par le virus Covid, les difficultés dénoncées depuis des années se sont révélées, ont été mises en exergue et un sentiment de non prise en compte de l’état actuel des Professionnels dans notre établissement ne semble pas être la première occupation des décideurs de notre établissement.

Un écœurement même, tend à se généraliser au vu de la gestion de certaines de nos revendications et de la reconnaissance absente auprès de nos Professionnels.

Après les applaudissements, les remerciements, la gestion dans laquelle nous nous retrouvons semble marquer un dédain certain envers tous les Professionnels qui se sont investis pour faire face et qui répondent encore présents aujourd’hui, mais pour combien de temps encore.

Le paroxysme a été poussé jusqu’à permettre la décoration de nos possibles fossoyeurs.

Notre situation économique budgétaire, factuallisée aujourd’hui, n’est pas qu’un effet d’annonce pouvant permettre un dédouanement pour les futures décisions.

Il est incompréhensible pour l’ensemble des Professionnels de se retrouver dans un budget structurel déficitaire de plus de 50 millions d’euros alors que l’ensemble des Professionnels ont consenti des efforts à tous les niveaux.

En effet, depuis plus de 5 ans, nous sommes en redressement avec des conséquences sur les effectifs, les conditions de travail mettant en difficulté les soignants et les non soignants.

Si l’état actuel pourrait être mis en responsabilité sur l’ancienne Direction Générale mais également sur la passivité de l’ARS et des Directions des finances, les réponses qui sont apportées à nos Professionnels ne sont pas sans reste dans l’état d’écœurement de beaucoup de Professionnels auxquels nous faisons écho aujourd’hui.

Le refus de la non-reconnaissance en maladie professionnelle, qui au final vous appartient, pour tous les agents ayant contracté la Covid au sein de nos services sur le lieu de travail, n’a pas eu d’écho favorable.

La journée de carence pour les Professionnels ayant contracté la maladie entre juillet et janvier 2021 est retenue et sa non-application n’a pas été acceptée, ce qui une fois encore aurait pu l’être par votre volonté.

La notation avec l’attribution d’un demi-point pour tous les Professionnels présents l’année 2020 permettant le fonctionnement du CHU et la prise en charge des patients avec un risque pour leur propre santé et sécurité, n’a pas eu d’écho favorable.

La gestion HET de l’établissement en fonctionnement opaque, traitée aujourd’hui avec la correction d’un document erroné, présenté en première instance en décembre et avec le rajout d’un slide n’étant aujourd’hui même plus d’actualité, ne permet pas de remettre une sérénité dans la qualité de la gestion de la crise.

Le sentiment de manque de réalisme sur nos capacités et nos forces actuelles nous inquiète et participe largement à notre colère.

Les adages populaires prennent aujourd’hui un fort caractère de réalisme et sont dans l’esprit d’une grande majorité de Professionnels et c’est légitime.

Après nous être donné corps et âme pour apporter une solution à la souffrance et à la détresse de nos concitoyens, aujourd’hui nous nous rendons compte qu’une fois de plus il aura fallu de bons soldats pour décorer des Généraux.

Des « petits gens » se sont vu refuser une augmentation de note comme pour exemple cet ambulancier SMUR qui tous les jours a répondu présent pour des prises en charge Covid à risque, comme cette infirmière à qui on a reproché d’être en maladie etc. etc. et aujourd’hui, nos décideurs sont décorés et mis en avant.

Comment des équipes qui ont tout donné et qui donnent tout, ont vu leur hiérarchie obtenir non seulement 0,75 point mais en plus une médaille honorifique, peuvent estimer être dans une juste reconnaissance.

Sans remettre en cause ces attributions qui peuvent très bien être légitimes, la reconnaissance n’est pas descendue dans le fond des tranchées et pourtant ce n’est pas faute de l’avoir revendiquée.

Sans adapter la chanson de Craonne à notre établissement, les images qui doivent rester aujourd’hui sont celles-ci car ce sont les expressions des Professionnels et la nôtre.

Ce ne sont pas des gabegies ou des postures politiques mais bien le sentiment de colère et d’écœurement que l’on sent et ressent quand l’expression monte du sol de nos services.

L’Hôpital, c’est l’ensemble des Professionnels, notre Président qui a classifié la situation de guerre ne se doute pas que les travers de celle-ci se reportent de manière aussi nette auprès de nos agents.

Nous demandons de la transparence dans la gestion de notre établissement, une mise en responsabilité de notre état actuel et de façon immédiate, nous demandons la reconnaissance de la maladie professionnelle pour l’ensemble des Professionnels ayant contracté la Covid-19 avec la non-application du jour de carence.

En septembre, nous vous demandions de marquer une reconnaissance factuelle à tous les Professionnels de la part de l’Institution, aujourd’hui nous y sommes la décision vous appartient et la législation vous le permet.

Les loups ne se mangent pas entre eux mais peut-être que l’Alpha pourrait retourner son obédience et servir au plus près, pour permettre la cohésion et l’adhésion de l’ensemble des Professionnels.

Sans volonté de heurter ou de stigmatiser, il nous parait important de sortir des effets d’annonce et de passer aux actes pour ainsi redonner le souffle nécessaire à nos Professionnels de notre établissement, permettant d’aborder cette troisième vague qui malheureusement nous prédestine à des instants difficiles.

Nous gageons que cette posture symbolique étayée par cette déclaration permette la prise en compte de sentiments et d’états très largement partagés aujourd’hui et sans nul doute nous attendons à une prise en mains des difficultés avec le plus grand réalisme, sans langue de bois.

Nous vous remercions pour votre attention.

Christian Prud’homme

Secrétaire Général FOHUS